En l'instant présent, juste un regard, un parfum ...
Gérard de NERVAL (1808-1855) dans ce poème dédié à Vénus (Myrtho) fait de la Grèce et de ses cultes bachiques, la terre des muses d’ou naît le poète. Dans cette métaphore, sur le thème végétal suggéré par le nom de la déesse, l’hortensia s’unit au myrte.
Myrtho
Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse,
Au Pausilippe altier, de mille feux brillant,
À ton front inondé des clartés de l'Orient,
Aux raisins noirs mêlés avec l'or de ta tresse.
C'est dans ta coupe aussi que j'avais bu l'ivresse,
Et dans l'éclair furtif de ton oeil souriant,
Quand aux pieds d'lacchus on me voyait priant,
Car la Muse m'a fait l'un des fils de la Grèce.
Je sais pourquoi là-bas le volcan s'est rouvert...
C'est qu'hier tu l'avais touché d'un pied agile,
Et de cendres soudain l'horizon s'est couvert.
Depuis qu'un duc normand brisa tes dieux d'argile,
Toujours, sous les rameaux du laurier de Virgile,
Le pâle hortensia s'unit au myrte vert
Gérard de Nerval